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Yves C., suite...
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"Arrêt du CONSEIL D’ETAT du 11 juillet 2012"
Arrêt du CONSEIL D'ETAT du 11 juillet 2012, suite...

Les billets d’humeur de Philippe DESSEMOND de 2011

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de mai 2011

Les derniers projets gouvernementaux aggravant la répression féroce qui accable sans répit les automobilistes français, appellent quelques réflexions.

D’abord qu’il s’agit d’une réaction épidermique donc irréfléchie, à une augmentation ponctuelle du nombre d’accidents, dont la courbe correspond à des cycles inexplicables, tout comme le soit-disant réchauffement climatique.

Selon les périodes de vacances, les « ponts », les conditions météo, l’on constatera des variations conjoncturelles.

Ensuite, on voit apparaître un nouveau délit qui punit de prison le premier dépassement de vitesse de 50km/h, durcissant le précédent délit qui ne sanctionnait que la première récidive.

Or, il existe déjà un troisième délit, celui de la mise en danger de la vie d’autrui par suite de vitesse excessive : est-ce qu’il n’y a pas surabondance législative, pour des vitesses autorisées dans les pays voisins ? (le prochain durcissement en projet, paraît-il, prévoira de considérer toute intention de vitesse comme délictueuse sur simple dénonciation !)

Car s’il y a bien des excès de vitesse inexcusables, ils ne le sont que par rapport aux conditions de circulation à un moment donné et à un endroit donné.

La conduite sur route, en effet, est une situation évolutive en permanence, et le propre d’un bon conducteur est d’adapter son avancée à ce qu’il voit, non à une réglementation pusillanime qui nous ramène à des allures d’avant-guerre.

Dans l’esprit, il s’agit d’une interprétation du frileux principe de précaution, c’est-à-dire d’un nivellement par le bas, qui va à l’encontre du progrès, voire de l’efficacité économique d’une nation.

Deux exemples simples :

  • Un arrêt de la Cour de Cassation du 19 Avril 2010 a relaxé un automobiliste roulant à 211km/h du chef de mise en danger de la vie d’autrui, au motif que rouler à cette vitesse ne constituait pas forcément une mise en danger d’autrui.
  • Par ailleurs, il suffit de circuler en Allemagne ou en Italie pour redécouvrir des gens qui vont à leurs affaires entre 160km/h et 200km/h sans provoquer l’indignation ou l’hécatombe ! Bien au contraire, les routes allemandes tuent moins que les françaises...étonnant, non ?

En réalité, les autorités seraient fort gênées d’avoir à expliquer pourquoi et comment un conducteur est supposé compétent jusqu’à 130km/h ou 90km/h, et devient arithmétiquement dangereux au-delà ! La vérité est ailleurs, dans le non-dit.

La première est dans la haine de la voiture en tant qu’expression de la liberté individuelle, face à la vieille doctrine collectiviste, et du soupçon face à l’individu qui doit être ramené dans le troupeau. La seconde, chacun le voit, est financière et confiscatoire.

Pour conclure, deux citations :

  • A la question de savoir si les électeurs prendraient au sérieux un candidat Vert aux élections, ce dernier répondit « c’est simple, il suffit de taxer et d’interdire... » Ben voyons !
  • Quant au président Pompidou, il disait « ce n’est pas la vitesse qui tue, c’est la maladresse »

Hélas, au XXIème siècle, M. Pompidou est allemand.

Philippe Dessemond - Adhérent DEFENSE-PERMIS.COM

ST-CEZAIRE SUR SIAGNE

Mai 2011

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de juin 2011

On roule trop lentement en France !!!

Dans les années 1938, mon père conduisait une 15cv Citroën de 80 chevaux, et couvrait les 300 km de St Etienne à Aix en Provence en 3 heures, circulant à plus ou moins 130km/h sur la N7 chère à Trénet... Les routes étaient bordées de platanes, le marquage au sol était inconnu. Les pneus étaient étroits, le freinage faiblard, l’arrière « chassait » volontiers en virage. Mais les conducteurs étaient bons, peut-être parce qu’ils ne s’ennuyaient pas.

Aujourd’hui, il faut toujours 3 heures pour aller à Aix malgré l’autoroute ! Quel progrès...

On roule trop lentement en France.

Et cela entraîne de fâcheuses conséquences.

1. Rouler « moins vite que la route » cause une frustration stressante, une sorte de malaise. Moins vite que la route, cela signifie que c’est le tracé qui détermine une allure paraissant naturelle au conducteur. Si on lui impose de se traîner à 130km/h ou pire à 90km/h sur des secteurs permettant beaucoup plus, il va s’ennuyer, divaguer, avoir besoin d’autres occupations telles qu’admirer le paysage, guetter les « pièges »..., lire les panneaux de pub, penser à ses affaires, téléphoner, sans parler du compteur de vitesse devenu primordial. Il est de moins en moins conscient, de moins en moins concentré.

De plus, la monotonie de rouler à allure constante provoque un effet quasi hypnotique menant à la somnolence, qui cause des accidents (évidemment attribués à la vitesse !)

2. On pourrait répondre que ce nivellement par le bas, ça marche. Et bien non, ça ne marche pas !

Les routes françaises tuent 73 personnes par million d’habitant. En Allemagne, où la vitesse est le plus souvent libre, combien ? 60 !!! (statistiques INSEE)

Malgré 20 ans de répression, ça ne marche toujours pas. Un politicien intelligent, voire un député appelé à voter ces contraintes, pourrait se poser quelques questions ? Et bien non : une croyance cynique tient lieu d’honnêteté intellectuelle, l’intérêt supérieur des finances publiques fait le reste. Pauvres Français...

Lorsque les USA ont relevé le seuil des limitations en 1996, une étude de la NATSA portant sur 27 Etats, a constaté une baisse de la mortalité allant de 2 à 8% selon les Etats. Le Congrès a dû voter un crédit spécial pour étudier le phénomène...étonnant, non ?!!

3. Le bon sens commun voudrait que, si la route est un lieu dangereux, il convient d’y rester le moins longtemps possible. Or la fatigue est fonction du temps passé au volant.

Actuellement, faire Paris/Nice réclame environ 8h40, alors qu’à vitesse libre on mettait 6h50 : soit près de 2 heures en plus à s’ennuyer et à penser à autre chose !

Aller retour, 4 heures de perdues, improductives, gaspillées. Pas surprenant que ça ne marche pas !

Philippe Dessemond - Adhérent DEFENSE-PERMIS.COM

ST-CEZAIRE SUR SIAGNE

le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de juillet 2011

Liberté, Égalité, Fraternité : une utopie bien française en forme de slogan.

L’égalité n’existe pas dans la nature, la fraternité est un rêve rousseauiste, quant à la liberté elle s’amenuise un peu plus chaque année.

C’est cela qui me paraît réellement tragique.

Les trentenaires d’aujourd’hui ne connaissent que ce contexte, ils sont soumis à un lavage de cerveau permanent relayé par les médias, qui leur fait trouver naturelle cette révolution.

Et hélas, il en va de même d’une majorité de députés qui votent à tour de bras des mesures de plus en plus contraignantes, en nous assurant qu’ils savent ce qui est bon pour nous.

Pourquoi Défense Permis, parce que le permis de conduire n’est pas, comme il le devrait, un certificat de capacité.

C’est une simple autorisation administrative (qui coûte cher !), mais surtout c’est un permis de liberté, d’autonomie, de survie sociale, qui mériterait une attention un peu plus réfléchie.

Une anecdote personnelle en dit long sur les changements de société : vers mes quinze ans, je pratiquais ce qui ne s’appelait pas encore « la conduite accompagnée » aux côtés de mon père, qui aimait conduire comme presque tout le monde en ce temps-là.

Je suis arrivé à mes dix-huit ans avec quelques 5000km de pratique, sans avoir jamais fréquenté d’auto-école (existaient-elles seulement ?)

Le jour de l’examen, mon père me dit tout naturellement : « prends la voiture et va passer « ton permis »...ce qui fut fait.

Et attention, mon père n’était pas inconscient, c’était un notable, prudent, méfiant même ! C’était l’air du temps, plus léger à respirer et plus sérieux à la fois : le journal livrait les réflexions de Mauriac, Aron, Dutourd, on y trouvait du grain à moudre.

Aujourd’hui c’est BHL !

On a changé de niveau....

Il arrivait que l’on se fit arrêter sur la route, mais le plus souvent on pouvait discuter avec le gendarme, plaider sa cause, le convaincre parfois.

Mon père, toujours lui, avait un jour proposé à un gendarme qui l’avait estimé « un peu trop vite », de faire trois km dans sa voiture pour lui démontrer la puissance du freinage, la qualité de la tenue de route.

C’était du côté d’Annonay, le militaire en fut impressionné et convaincu !

Et oui, il existait encore le facteur humain, vous savez, ce qui met de l’huile dans les rouages...on faisait la part des choses. Aujourd’hui on vous photographie par derrière (ce qui en dit long...) et on vous envoie la facture.

Le retrait de points concomitant ne sert que d’alibi, les pièges étant placés là où la route permet d’appuyer un peu, c’est-à-dire sans danger.

J’entends bien les associations des parents de victimes de la « violence routière » se répandre sur les ondes, abondamment invitées afin de soutenir la bonne parole officielle.

Et je me demande parfois quelle est leur compétence dans le domaine spécialisé de la conduite automobile, de l’étude des causes profondes de tel ou tel accident ?

Leur chagrin est compréhensible et respectable, mais il n’en fait pas pour autant des experts capables d’une analyse sérieuse et impartiale des faits.

L’honnêteté intellectuelle voudrait que l’on invitât plutôt un spécialiste de la route, MM Beltoise ou Darniche par exemple. On s’en garde bien !

Dans les années 50/60, le général de Gaulle aimait à relier l’Elysée à Colombey dans sa DS, à 140km/h sur les nationales de l’époque.

Sa vue lui interdisait la conduite, mais il voyait clairement néanmoins que la vitesse était progrès, élan vital, joie de vivre.

Et que le temps est la seule denrée qui ne s’achète pas.

Dangereuse la vitesse ?

Que non pas, sinon, pas de TGV, pas d’avions.

Une conversation amicale avec un gendarme en Subaru m’avait fourni la clef de l’énigme : quelquefois on va très vite, m’avait-il confié, mais on a été formé pour ça.

C’est la morale de ma petite histoire d’aujourd’hui.

J’aurais envie d’y ajouter un slogan à la mode : contre la démagogie, le nivellement par le bas, le racket financier, l’hypocrisie, le bourrage de crâne, indignez-vous !

Philippe DESSEMOND - Adhérent DEFENSE PERMIS.COM

SAINT-CEZAIRE SUR SIAGNE

28 juin 2011

Le billet d’humeur de Philippe Dessemond d’août 2011

Une de mes amies est « médecine ».

Du temps du regretté Molière, on disait : « je vais prendre médecine » ; généralement saignée ou lavement.

J’ai peu connu Molière, mais il m’a écrit quelquefois : je le sais horrifié par l’ignorance grammaticale actuelle, qui aboutit à des barbarismes, voire des contre-sens : professeure, procureure ou procureuse (?), écrivaine, pourquoi pas papesse, que diable !

Le bouquet de l’ignorance est le titre de chancelière dont on affuble Frau Merkel : une chancelière n’est rien d’autre qu’une pantoufle ou l’épouse du chancelier. J’envoie un SMS à Molière !!!

Veuillez pardonner ces divagations exaspérées hors sujet...

Donc j’ai une amie doctoresse qui a un bon coup de volant. Elle me faisait remarquer que la politique française de répression routière avait un caractère paranoïaque d’une part, et jacobin de l’autre.

Quels sont les symptômes de la maladie paranoïaque ?

  • personnalité pathologique constituée par la rigidité mentale, l’entêtement sans argument, l’orgueil exacerbé
  • raisonnement à postulat faux
  • méfiance, la sensation de complot
  • susceptibilité à vif
  • impossibilité de ne pas tout ramener à soi
  • autoritarisme manipulateur
  • nécessité d’avoir raison à tout prix
  • maniaquerie incontournable etc...

Il est facile de diagnostiquer l’addition de ces symptômes dans la politique routière :

  • la vitesse tue (non, mais l’excès de vitesse au mauvais endroit, parfois) : raisonnement à postulat faux
  • la terminologie spécifique : chauffards, violence routière, délinquance routière, délit de grande vitesse : sens du complot
  • le fameux « je ne peux pas vous laisser vous tuer » réponse de M. Sarkozy quant à l’implantation mercantile des radars : impossibilité de ne pas tout ramener à soi
  • utilisation à sens unique des médias, confiscation des véhicules, refus des arguments opposables (exemple allemand...) : entêtement sans argument, autoritarisme manipulateur

Notre vieil Etat jacobin a un besoin maniaque de tout régenter, vieille habitude. Mais il est impossible d’être compétent dans la multitude de sujets spécialisés existants, à moins de recruter d’authentiques experts plutôt que de placer des fonctionnaire dociles.

On élude ainsi la seule question valable, celle de la formation. Sur cent conducteurs, cinquante sont, par définition, moyens. Vingt sont mauvais, cinq très mauvais. Puis vingt sont bons et cinq très bons.

Ceux-ci plus doués naturellement sans doute, ont appris sur le tas, en suivant des stages de pilotage. Mais les autres, qui leur a appris les bases de la conduite ?

L’utilisation du regard au plus loin, l’imagination permanente du piège ou de l’erreur d’un autre, plus ce que j’appelle la bonne mentalité, la tolérance de l’autre ?

Mais la maladie paranoïaque, dit mon amie, ne se soigne pas.

Les sujets qui en sont atteints se bornent à empoisonner l’existence de leurs proches....

Philippe DESSEMOND - Adhérent DEFENSE PERMIS.COM

SAINT-CEZAIRE SUR SIAGNE

28 juin 2011

Le billet d’humeur de Philippe Dessemond de septembre 2011

L’automobiliste : citoyen de première classe !

Certains ont l’impression que le conducteur français est souvent persécuté, voire rançonné et culpabilisé à outrance.

Il n’en est rien, car comparé au citoyen lambda, l’automobiliste est hautement considéré par l’Etat à juste titre, vu sa contribution majeure à l’emploi industriel, à la prospérité du PIB...

C’est une petite mésaventure véridique qui m’a ouvert les yeux, vécue par un couple d’amis qui habitent un charmant village du sud.

La femme promène son chien en laisse avec une amie.

Arrive en face, suivi par son chien en liberté, un homme qui prévient que son chien est agressif, sans s’en préoccuper davantage.

La femme tente d’éloigner le chien qui vient dans sa direction babines retroussées, et ce faisant se voit copieusement insulter, menacer de se faire gifler et « casser la tête »

Le lendemain, accompagnée de son mari, le même individu l’attendait pour les abreuver à nouveau d’insultes choisies et les menacer de les « envoyer à l’hôpital », jusqu’à l’arrivée d’autres promeneurs...

Ayant rapporté ce comportement de voyou à la gendarmerie, la réponse fût que déposer plainte était inutile, que le Procureur ne serait pas « intéressé »

Ceci dit, les gendarmes s’étaient montrés compréhensifs, courtois et pleins de bonne volonté, comme très souvent dans cette arme d’élite qui reste l’un des piliers sûrs de la France profonde.

La moralité de l’histoire, c’est que dans notre beau pays, vous avez tout loisir d’insulter votre voisin, de menacer une femme de graves sévices en toute impunité (même devant témoins, si ce n’est pas réitéré et qu’il n’y a pas de trace écrites par exemple)

Étonnant, non ? Comme disait le cher Desproges.

En revanche, ne vous avisez pas de dépasser de 40km/h la limitation de vitesse, même par beau temps sur une ligne droite parfaitement dégagée (allures courantes dans des pays voisins et qui ne causent pas d’hécatombes)

Dans ce cas, le Procureur se déplacera tout spécialement pour vous, qui pourriez connaître les plaisirs de la garde à vue en cellule, voir votre moyen de transport saisi, votre permis retiré en même temps que votre ceinture et vos lacets !

Voici donc en quoi l’automobiliste est un citoyen à part, qui bénéficie d’un traitement officiel qui ne s’étend pas aux voyous. Cette distinction se justifie peut-être, étant donné qu’il contribue largement au train de vie de l’Etat : TVA sur l’achat d’une voiture, taxe confiscatoire sur le carburant, amendes etc...

Mais tout de même, lorsque je vais à pied, il me faut bien constater que je ne suis plus grand chose...

Seul point commun entre ces deux classes de citoyens : l’un et l’autre sont des électeurs. A eux de ne pas l’oublier !

Le billet d’humeur de Philippe Dessemond d’octobre 2011

Il y a bien des avantages à être un vieux conducteur.

D’abord continuer de jouir des bienfaits que l’automobile a apportés à l’humanité : autonomie, liberté, rapidité de déplacement, isolement, plaisirs sensuels de la conduite.

Et ensuite de pouvoir vitupérer (in petto !) les autres (trop) vieux conducteurs qui fonctionnent au ralenti, les jeunes, imprudents par manque d’imagination, les femmes, par manque de pratique, les utilisateurs de deux-roues parfois suicidaires, les cyclistes inconscients, les chats qui décident de traverser juste quand vous arrivez, les piétons arrogants depuis qu’on leur a accordé des droits, bref les autres, ceux dont Sartre disait, à peu près, qu’ils étaient l’enfer !

En toute mauvaise foi, car pour chacun d’eux, « l’autre » c’est moi...

Oui, la cohabitation, routière ou politique, est l’un des exercices les plus délicats à mettre en œuvre.

Surtout pour un vieux conducteur qui persiste à aimer la conduite. Car il ne s’agit plus du même métier.

Cette évidence m’a sauté au visage en pratiquant la conduite accompagnée : un ami m’avait prié, connaissant mon addiction automobile, de donner quelques conseils à son fils qui venait de passer son permis.

Voici quelques décennies, oh pas tant que cela, on apprenait à être « vite et propre ».

Bien peu de conducteurs envisageaient de ne pas exploiter toutes les possibilités de leur auto, et les modèles sportifs étaient tout particulièrement menés à fond.

Il s’agissait d’un sport d’adresse, chacun était plus ou moins passionné, fortement concentré, fier de se sentir bon conducteur.

Le principe de l’apprentissage était d’observer intensément la route, de regarder loin, de prévoir et d’imaginer.

Moyennant quoi chacun trouvait peu à peu sa zone de confort, qui correspondait à ses aptitudes naturelles, puis à son expérience et à son véhicule.

Ainsi on roulait à son aise, vite quand la route le permettait, beaucoup moins quand il le fallait, juste pour le plaisir du travail bien fait.

Le jeune conducteur né sous les limitations en tous genres est d’une autre race.

Il roule lentement, distraitement, ne sait plus rétrograder ou dépasser, laisse volontiers son bras gauche pendre à l’extérieur de la portière, bref il s’ennuie.

Au cours de ma conduite accompagnée, comme une voiture venant de la gauche faisait mine de nous couper la route, j’ai dû conseiller à mon cobaye de songer à freiner, il ne l’avait pas vue ! Il surveillait son compteur, terrorisé à l’idée de dépasser son « prudent » 80km/h....

Je me suis donc borné, un peu effaré, à tenter de lui apprendre à décrypter la route, à imaginer le pire quand il n’avait pas la visibilité, à oublier un peu son compteur pour regarder aussi loin que possible.

Ce n’était pas du tout ce qu’on lui avait appris...

J’ai réalisé ce jour-là que j’étais un dinosaure, à préférer scruter la route sans relâche, quitte à oublier le sacro-saint compteur (merci Défense Permis !)

Et pourtant, me dis-je pour me consoler, c’est ainsi que j’ai survécu à 3 millions de kilomètres « rapides » sans le moindre accident : un miraculé du bon sens !

Saint-Cézaire sur Siagne, le 21 septembre 2011

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de novembre 2011

Vous n’avez sans doute pas pu éviter la récente « pub » essayant de nous vendre un candidat à la future élection présidentielle.

La pub, à mes yeux du moins, est un parasitage, une captation, une irruption (action de s’introduire sans y être invité) Le plus souvent, je me borne à couper le son, ou à zapper.

Parfois, négligeant le fond, je m’intéresse à la forme, à la pertinence de l’argumentation, à son ingéniosité : pourquoi et comment le yaourt est-il différent et meilleur que son concurrent ?

Mais trop souvent il est même difficile de voir le rapport entre le clip et le produit proposé...

Dans la pub politique précitée, on nous sert un étonnant slogan de candidat « normal ».

Normal signifie conforme à la moyenne, moyen. Or, un individu moyen n’a aucune envie de devenir président, ni d’ailleurs aucune chance. Et celui qui y prétend sait, et croit fermement qu’il n’est pas moyen ! Qui voterait pour un moyen ?

C’est donc un slogan trompeur.

Décrypté, le véritable message est : je suis à l’opposé de mon concurrent, je suis modeste et discret, bref je n’ai pas ses défauts (mais ai-je ses qualités ?)

D’ailleurs je circule en scooter !

Lueur d’espoir pour les conducteurs de deux roues et les autres ? Après tout, qui se frotte à la circulation sans chauffeur ni motards, ne peut qu’être plus proche des vrais gens. La circulation nous affûte, disait François Nourrissier, il faut y être adroit, débrouillard, attentif, voire teigneux.

Malheureusement, la vie, la vision d’un candidat, n’est pas celle de l’élu. Celui-ci héritera d’une énorme organisation répressive automatisée, peut-être dépassée par ses objectifs, qui en arrive à détruire, pour des broutilles inoffensives, des carrières professionnelles, ou à empêcher une vie sociale normale, au point d’enrager le conducteur-électeur (et d’inquiéter les députés)

Mais une myriade de corps de métier profitent de cette situation parfois ubuesque, depuis les trois groupes choisis pour concevoir et installer les radars, leur liaison informatique cryptée avec le centre automatisée de Rennes, leur maintenance, le tout pour plus de 6 milliards de chiffre d’affaires.

Ajoutons-y les 1618 centres de récupération de points, les auto-écoles, voiturettes sans permis, et surtout les 590 millions d’euros d’amendes qui vont au budget de l’Etat, des départements, des communes, et à celui d’une agence jugée inutile par la Cour des Comptes (128 millions !)

S’il est évident que des règles sont indispensables à toute vie en société, pourquoi ne pas les assortir d’un peu de bon sens ?

Je parle ici d’une véritable formation : on admet que tous ne sachent pas nager, mais chacun doit pouvoir obtenir le permis de conduire, c’est-à-dire de vivre. La conduite d’une automobile in fine, reste affaire d’un jugement personnel, adapté à chaque instant, c’est-à-dire le contraire d’une limitation aveugle et uniforme.

C’est ce que l’on observe au moindre voyage en Allemagne, voire en Italie.

Mais chez nous, le vieux réflexe de l’Etat jacobin veille à nous dire ce qui est bon pour nous, sans se soucier des dégâts collatéraux.

On peut se demander si cette notion-là n’est pas en train, par ses abus, d’atteindre sa date de péremption.

Peut-être qu’un président « normal » roulant à scooter finirait par humer l’air du temps...

Mais je crains que rien ne change, car la pub, ce n’est que de la poudre (de lessive) aux yeux !

SAINT-CEZAIRE SUR SIAGNE

Novembre 2011

Le billet d’humeur de Philippe DESSEMOND de décembre 2011

L’un des avantages d’avoir vécu longtemps déjà est l’opportunité d’avoir rencontré parfois des individus d’exception.

Non pas pour leur soutirer un autographe, coutume simplette, mais plutôt pour en recueillir du grain à moudre.

J’ai eu ainsi la chance de croiser la route de Jean DUTOURD, Charles TRENET, Herbert VON KARAJAN, de correspondre avec Maurice DRUON, sans parler de nombreux pilotes de course qui ont bien voulu prendre plaisir à me terroriser un moment !

Merci à vous, venus de la F1 ou du rallye, SERVOZ-GAVIN MAUBLANC, PIGNARD, BEGUIN, FREQUELIN, PANIS, CHASSEUIL…

Mais le plus atypique de tous fût un Belge ; quoiqu’ingénieur de formation, il avait choisi d’être journaliste automobile, et pilote de course à ses moments perdus, afin d’écrire des articles pris sur le vif voire sur le gril !!!

Ses adversaires s’appelaient FANGIO, MOSSE, ACARI et, Enzo FERRARI lui-même lui confiait volontiers ses F1.

Ses compétences lui valaient d’être employé comme consultant écouté et respecté par les plus grandes marques d’automobiles et de pneumatiques.

Voici quelques années, en tant qu’ancien vainqueur aux 24h du Mans, AUDI lui avait proposé d’essayer, sur ce circuit, la voiture qui venait de remporter l’épreuve.

Il avait réussi, sans autre entraînement, un chrono qui l’aurait facilement qualifié pour la course.

Un détail : il avait alors 86 ans !!!

Il s‘appelait Paul FRERE.

Il est décédé depuis, sans doute par un moment de distraction, car il ignorait superbement son âge.

Eh oui, c’est aussi cela vieillir. On perd des amis plus âgés, puis des amis de son âge…Si j’étais moi, je m’inquièterais !

Paul était tourné vers l’avenir, il croyait au progrès (il était Verseau !). Il avait coutume de dire que la limitation de vitesse généralisée était « une insulte à l’intelligence humaine »

Il s’inquiétait de voir imposer en France l’autophobie politicienne, alors que cette industrie procurait autant d’emplois, autant de recettes fiscales, autant d’autonomie et de liberté aux individus.

Il exécrait le frileux principe de précaution, antithèse de tout progrès.

Il aimait à raconter que lorsqu’il allait rouler en Allemagne, il lui fallait quelques heures pour se réhabituer à conduire à plus de 200km/h, anesthésié qu’il était par les 130km/h français.

En Italie, me disait-il, j’avais ralenti avant un tunnel pour respecter un panneau 80km/h, alors que j’étais suivi par une Alfa Roméo des Carabinieri : ils m’ont alors fait signe d’accélérer un peu !

Toujours ardent et adroit au volant de sa vieille PORSCHE, sur les routes de montagne où il attaquait mieux qu’un jeune, pour ne pas perdre la main, courtois, élégant, malicieux, curieux, cultivé et d’un abord très simple, c’était Paul FRERE, gentleman de course !

Saint-Cézaire sur Siagne, décembre 2011

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